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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

Anorexie mentale et boulimie
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Guérir, c'est prendre un risque !

Hélène PENNACCHIO, Secrétaire Générale de Autrement

 

Pour guérir, il faut voir la route et lui faire prendre tout son sens.

Pour aller quelque part, il faut se poser les bonnes questions : où vais-je ? Comment y vais-je ? Quel chemin vais-je prendre ? Combien de temps me donné-je pour arriver ? Quelles affaires vais-je emporter et dans quelle valise vais-je les mettre ? Vais-je y aller, là-bas, en plusieurs étapes ? Si oui, où et quand vais-je m'arrêter pour faire une pause ? Y Vais-je seule ou accompagnée ? Si oui, accompagner de qui ?

« Il était une fois un voyageur qui s'était mis en marche, car il avait senti que sa vie ne le satisfaisait plus. Oh, il n'avait pas été si malheureux, mais il ne trouvait pas sa place. Alors, il s'était mis en route, son jeune corps s'était ébranlé et il était parti. Il marchait depuis des jours et il était fatigué. Il n'avait guère mangé. Pas le temps ! Pas la tête à ça non plus. Il ne voyait pas le bout du voyage. Il escaladait des montagnes, descendait dans les vallées, en empruntant des chemins caillouteux et inconfortables. Et, derrière les vallées, se dressaient d'autres montagnes. Au sommet du col, on apercevait d'autres vallées et d'autres montagnes encore. Pointaient d'autres pentes qu'il fallait gravir, encore et encore. Il était las. Il en était là de ses réflexions quand un jour, sur la route, assis en tailleur au bord du chemin, il vit un sage plongé dans ses pensées. L'étranger marchait déjà depuis des semaines. Se sentant soudain perdu, doutant même d'avoir pris la bonne direction, il demanda au sage : « Bientôt il va faire nuit et je ne sais dans quelle direction poursuivre. J'ignore si c'est à gauche ou à droite qu'il faut que je tourne là-bas. Ou bien est-ce tout droit qu'il faut que j'aille ? Ou bien s'il faut que je fasse marche arrière ? Que me dîtes-vous ? Éclairez-moi ». Me regardant avec beaucoup d'empathie, le sage me dit « L'important, ce n'est pas d'arriver, mais d'y aller. En soi, cheminer EST le but ». L'étranger hausse les épaules et poursuit son chemin, dépité et sûr d'avoir rencontré un fou. Mais il avait tort : l'important, c'est la route ! ».



Pour guérir, il faut penser la guérison : moi guérie, je serai une fille pleine de joie ; moi guérie, je m'achèterai un chien ; moi guérie, je partirai à New-York ou Venise ; moi guérie, je me remettrai à jouer de la flûte ; moi guérie, je deviendrai la femme tendre et douce que j'ai toujours été…. Car nul ne va quelque part, s'il ne sait pas où il va et surtout ce qu'il va y faire !

Pour guérir, il faut regarder devant, et non pas derrière. Car la lanterne qui éclaire notre passé éclaire derrière nous et pas devant !

Pour guérir, il faut panser ses plaies. Pas seulement celles du passé, mais aussi et surtout celles qu'on se fait en marchant vers la guérison. Il faut s'alléger de ces plaies qui saignent, car nul ne va nulle part, s'il est trop chargé !

Pour guérir, il faut penser à autrui comme on pourrait penser à soi-même : avec bonheur et empathie, avec légèreté et tendresse. Pour ce faire, il faut choisir "ses autres" et les vivre pleinement. Vivre ensemble, ce n'est vivre avec TOUS les autres, mais seulement celles et ceux qu'on s'est choisis. Car lorsque le chemin est difficile, il est mieux d'être deux !

Pour guérir, il faut faire ses valises avant, pour ne pas parcourir le chemin de guérison sans bagage. Il faut anticiper les difficultés et se demander : "Que vais-je emporter, dont j'aurai besoin là-bas ?".

Pour guérir, il faut se faire accompagner des bonnes personnes, et ça peut être une petite souris ou un chien. Il ne faut pas se demander si quelqu'un peut vous aider, mais seulement qui peut vous aider. Il faut alors lui indiquer ce qu'il convient de faire et ce qu'il faut ne pas faire : « Si tu veux m'aider, et je t'en remercie, j'aimerais bien que tu puisses faire ceci… En revanche, si tu fais cela, ça ne m'aidera pas du tout ».

Pour guérir, il faut donner du temps au temps. Il y a les marches soutenues, où l'on brûle les étapes… et les moments de pause où on regarde le chemin parcouru, fière (fier) d'en être là, et où on contemple la nature qui vous entoure. Il faut des deux pour avancer durablement.

Pour guérir, il faut procéder par étapes pertinentes pour vous. Des étapes pleines de sens. Vos étapes ne doivent être ni trop longues (on s'épuise à l'effort), ni trop courtes (on s'épuise de ne pas avancer assez vite). L'idéal est d'être "juste en dessous de ce qui est trop pour moi" !

Il faut "faire sa part", plutôt que de penser à guérir, car ce n'est jamais, mais jamais, en regardant jouer du piano qu'on sait jouer du piano. Il y a un temps pour parler, un temps pour comprendre et un temps pour agir. Guérir, c'est agir.

Pour guérir, il faut voir l'échec comme une chance et voir la vie comme un miracle, une étoile à votre firmamentyes

Pour guérir, enfin, il nous faudra combler les trous laissés par notre trouble alimentaire. Il nous a "occupé la tête" si longtemps qu'il ne s'enlève pas d'un coup de pioche. C'est plutôt comme un arbre qui a beaucoup trop poussé dans notre (trop petit) jardin. On ne va pas pouvoir le déraciner sans que ça laisse un (gros) trou. Et si vous ne savez pas ce que vous allez mettre dans le trou, vous serez bien embêtée du résultat. Il est mieux d'anticiper. Qu'allons-nous faire du temps libéré ?

Publié en 2016