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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Les parents, des modèles


Mme le Dr Marie-France LE HEUZEY, Pédopsychiatre - Paris

« Papa fait le régime Montignac, Maman le régime Atkins, alors moi je fais le régime Mc Do » !

Maxime, 11 ans, est en surpoids car il ne trouve pas à la maison des repas qui le rassasient et va  «se nourrir » au fast-food.

Aurore, 10 ans, pèse 25 kg ; une adorable poupée … dont la croissance s’est stoppée depuis 2 ans. Papa grand sportif suit un régime sévère ; maman, sérieuse et conditionnée par les recommandations  diététiques de la presse  et du corps médical ne fait aucun écart, confectionne des repas équilibrés mais aussi interdit à la maison tout bonbon, toute boisson sucrée, et  refuse tout repas au restaurant, toute « fantaisie » culinaire qui pourrait faire plaisir.

Vanessa, 13 ans, souffre  d’un léger surpoids qui la rend malheureuse. Mais comment peut-elle faire ? Elle  prend un petit déjeuner standard ; déjeune à la cantine comme ses copines, prend un jus de fruit et un biscuit au retour du collège, … mais deux ou trois heures plus tard, Vanessa est encore seule à la maison alors elle grignote chips, cacahuètes, tartines de chocolat fondu etc… Les parents arrivent enfin vers 20h, fatigués ; il est tard ….  On réchauffe une pizza ou on mange des sandwichs devant la télévision.

Le challenge des parents est actuellement  très difficile. Le modèle ancien est celui  du père qui travaille pour nourrir sa famille. Actuellement les mères et les pères font «bouillir la marmite».

Les efforts conjugués des deux parents  aboutissent  à une certaine «aisance» qui permet les vacances, les loisirs, l’achat de télévisions, ordinateurs, consoles etc.…
Mais ces gains de confort s’accompagnent de contraintes avec un manque de temps pour le marché, les produits frais, les cuissons traditionnelles, et en parallèle utilisation de la restauration rapide, des aliments précuits, déjà conditionnés, industrialisés.

Dans le même temps les pères et mères sont abreuvés des images de la pub, des diktats de la mode « forme, minceur, sveltesse », accompagnés des recommandations   médicales   « anti obésité ». Alors n’est-ce  pas « mission impossible »  pour les parents ?

L’apparence corporelle, est très importante pour les enfants : dès l’age de 3/4ans, ils expriment une préférence pour le corps mince et mettent en relation apparence physique et qualités psychologiques : ainsi ils décrivent les gros comme paresseux, sales, stupides, tricheurs et menteurs.

L’estime de soi chez les fillettes est fortement liée au poids et à l’apparence.

Or, même si la mode et la télévision  influencent les enfants, ce sont les parents qui jouent le rôle principal sur leur estime de soi et leur comportement alimentaire.

1. Quelques typologies familiales

1.1. Les familles « régime »

Elles sont  dominées par le culte de la minceur et le contrôle. Ce sont les  parents «à la mode», des parents sportifs,  des anciens obèses,  des patients devant surveiller leurs apports alimentaires en raison d’un diabète,  d’une affection cardiovasculaire ou autre.

- Si maman veut ressembler à un top model, c’est son problème mais elle ne doit pas terroriser et culpabiliser ses enfants et leur interdire toute friandise…
- Si  papa est hypertendu ou sportif de compétition, son régime ne doit pas envahir toute la famille.

1.2. Les familles « phobie »

Maman a  peur des colorants, de la vache folle, des pesticides ; Papa craint les OGM et n’aime pas les nouveautés. 

Les enfants ne veulent pas diversifier leur alimentation et  craignent de goûter des aliments nouveaux. ; Ils souffrent de néophobies alimentaires. Celles-ci portent généralement essentiellement sur les fruits et les légumes, et ces manifestations d’anxiété sont souvent en rapport avec un sentiment d’insécurité : l’enfant ne se sent pas suffisamment en sécurité pour  accepter des aliments inconnus. L’enfant ne veut pas de légumes, mais quels légumes connaît-il ?, le père en mange t-il ?Les parents font-ils l’effort de présenter des aliments diversifiés ; mangent-ils eux même des plats variés ou se limitent-ils globalement aux traditionnels steaks frites et quiche lorraine ?

1.3. Les familles « toujours plus »

Les parents exigent que leurs enfant soient premiers en classe, premiers au conservatoire de piano, qu’ils aient les «étoiles » au ski, qu’ils soient « beaux  et sveltes ». Ces parents qui souffrent du syndrome de réussite par procuration stressent de manière excessive leurs enfants. Les conséquences possibles et diamétralement  opposées sont le développement  d’une pathologie anorexique et obsessionnelle, ou à l’inverse des comportements d’opposition avec grignotage en cachette, et comportement opposant…

1.4. Les familles « self service »

On n’a pas le temps de cuisiner, chacun rentre à une heure différente et se sert dans le réfrigérateur quand il veut et comme il veut. Ainsi les conditions sont réunies pour aboutir au grignotage, à la consommation de produits trop gras ou trop sucrés, non cuisinés, et risque de surpoids ou de boulimie. De  plus, si parents et enfants ne se retrouvent pas autour d’une table pour partager un repas, quand vont-ils se voir pour parler de leurs journées et communiquer ?

1.5. Les familles « économes »

On achète des biscuits «ordinaires» pour les enfants et des «supérieurs» pour les adultes ; lorsque les  parents mangent un plat de fête, les enfants mangent comme d’habitude « jambon /purée ». Or, il faut cesser de croire que les enfants ne font pas la différence entre les produits de qualité et les autres ; les enfants sont des gourmets en puissance. L’éducation du goût fait partie de l’éducation au même titre que l’éducation musicale et artistique.

1.6. Que les familles retiennent un mot : Plaisir

Le plaisir gustatif, le plaisir de la confection des repas avec les enfants, le plaisir de la convivialité …. Ce sont des armes utiles à la santé et à la lutte contre l’apparition des troubles du comportement alimentaire.  

Certains s’offrent des stages de cuisine auprès de grands chefs étoilés ; comme eux, mais sans dépenser autant d’argent, retrouvez les recettes de vos mères et grands-mères. Et réapprenez- les avec les enfants pour que chacun ait, comme Proust, sa madeleine … !

Publié en 2008