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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

Anorexie Boulimie Compulsions
Définitions, physiopathologie, épidémiologie et maladies associées
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Obésité Nutrition Alimentation

Épidémiologie des TCA


Pr D. RIGAUD - Président d'Autrement

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) principaux voient augmenter leur fréquence dans tous les pays du monde.

1. L'anorexie mentale

Elle toucherait environ 1,5 % des personnes de sexe féminin, entre 15 et 35 ans. Ceci représenterait en France de l’ordre de 230.000 personnes.

Une étude faite en Bourgogne, en 2006, par l’association suggère que l’anorexie mentale est un peu, mais pas beaucoup plus fréquente dans la population des jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 25 ans (1,8 %) que dans celle des 25-45 ans (1,4 %).

A l’heure actuelle, si l’on en croit les statistiques, il y aurait en France environ :
1. 70.000 adolescents et adolescentes atteints d’anorexie mentale (moins de 25 ans),
2. 170.000 personnes adultes (20-45 ans) des deux sexes, parmi lesquelles 100.000 adolescents anorexiques devenus adultes et 70.000 adultes dont l’anorexie mentale a débuté à l’âge adulte.

Ces statistiques sont sujettes à caution car il n’existe de statistiques nationales dans aucun pays. Pour autant, elle reflète un consensus.

  • Sexe : l’anorexie touche très majoritairement les femmes : 94 à 97 % des personnes qui en souffrent sont des femmes : il y a un homme pour 15 à 18 femmes.
     
  • Âge : il s’agit d’une maladie de la femme jeune : actuellement, 60 à 70 % des malades ont moins de 25 ans. Pour autant, la maladie touche de plus en plus de femmes plus âgées. Il y a deux raisons à ceci :

1. Les malades vieillissent, car ils sont de mieux en mieux pris en charge ;
2. Les changements sociétaux font que des femmes adultes tombent dans l’anorexie, alors qu’elles n’avaient pas fait d’épisode de TCA à l’adolescence.

  • Conditions socio-économiques : Toutes les couches de la population sont touchées : milieux aisés, riches et bourgeois, comme milieux moins favorisés. En France, on voit des cas chez les personnes issues de l’immigration : Afrique du Nord (Maghreb), Vietnamiens, personnes des Antilles françaises. Quelques cas chez des personnes de race noire ont été décrits.
    En France, même si on ne peut pas évaluer la fréquence respective, la maladie touche les villes comme les campagnes.

      Contrairement à ce qui est encore dit, la maladie ne touche en aucun cas que les personnes intelligentes, au « QI » élevé. On la rencontre aussi chez des personnes qui n’ont pas fréquenté le milieu universitaire.

  • Pays et « races » : Tous les pays sont touchés, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. On décrit des cas d’anorexie dans le Sud-est asiatique, notamment au Japon, en Chine, en Inde, mais aussi en Amérique du Sud, et même en Afrique. Deux études : une en Tanzanie et une autre en Afrique du Sud font état de 1 à 1,3 % chez des jeunes filles ou femmes fréquentant l’université. La fréquence aux USA, en Australie et en Europe semble assez voisine.

2. La boulimie

Elle toucherait environ 3 à 4 % des personnes de sexe féminin, entre 15 et 35 ans. Ceci représenterait en France de l’ordre de 400.000 personnes.

Une étude faite en Bourgogne part l’association suggère que la boulimie n’est pas plus fréquente dans la population des jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 25 ans (4,8 %) que dans celle des 25-45 ans (4,2 %).

A l’heure actuelle, si l’on en croit les statistiques, il y aurait en France environ :
1. 150.000 adolescentes atteintes d’anorexie mentale (moins de 25 ans),
2. 250.000 personnes adultes (20-45 ans), parmi lesquelles 50.000 adolescents anorexiques devenus boulimiques adultes et 60.000 adultes dont l’anorexie mentale a précédé la boulimie.

Ces statistiques sont imprécises, car il n’existe de registre national.

  • Sexe : la boulimie touche très majoritairement les femmes : 97 à 99 % des personnes qui en souffrent sont des femmes : il y a un homme pour 30 femmes, voire moins.
     
  • Âge : il s’agit d’une maladie de la femme jeune. Mais le début est plus tardif que celui de l’anorexie : seuls 40 % des malades ont moins de 25 ans. La maladie touche plus de femmes de plus de 25 ans. Ceci s’explique par le fait que les deux tiers des malades développent d’abord une anorexie et que la boulimie vient compliquer chez elles l’anorexie.
     
  • Conditions socio-économiques : Toutes les couches de la population sont touchées : milieux aisés, riches et bourgeois, comme milieux moins favorisés. En France, on voit des cas chez les personnes issues de l’immigration : Afrique du Nord (Maghreb), Vietnamiens, personnes des Antilles françaises. Quelques cas chez des personnes de race noire ont été décrits. La maladie touche des gens des villes comme de la campagne.
     
  • Pays et « races » : Tous les pays sont touchés, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. On décrit des cas dans le Sud-est asiatique, notamment au Japon, en Chine, en Inde, mais aussi en Amérique du Sud. La fréquence aux USA, en Australie et en Europe semble assez voisine de celle observée en France.

3. La compulsion alimentaire

On ne parle ici que de compulsion sévère, c’est à dire au moins deux crises par semaine, une crise étant faite de l’ingestion d’une grande quantité de nourriture (au moins 200 g de pain plus 250 g de fromage ou 150 g de chocolat par exemple).

Elle toucherait environ 6 à 8% des gens, entre 15 et 55 ans. Ceci représenterait en France de l’ordre de 500.000 personnes. Mais la marge d’erreur est importante (pas de registre).

Une étude faite en Bourgogne part l’association suggère que la compulsion sévère touche tout autant les gens de 20-30 ans que ceux de 30-50 ans.

  • Sexe : la compulsion alimentaire touche plutôt les femmes : 60 à 70 % des personnes qui en souffrent sont des femmes.
     
  • Âge : il s’agit d’une maladie de la femme de tout âge. Le début est plus tardif que celui de l’anorexie et de la boulimie le plus souvent. La maladie touche plus les hommes et les femmes qui se soumettent à des régimes hypocaloriques que les autres. Il semble que, si la maladie est plus fréquente chez les obèses que chez les non obèses, c’est le régime et non l’obésité qui en est responsable. La compulsion sévère touche les personnes qui se sont soumises à plus de deux régimes hypocaloriques 6 fois plus souvent (18% versus 3%) que celles qui n’ont jamais fait de régime.
     
  • Conditions socio-économiques : Toutes les couches de la population sont touchées : milieux aisés, riches et bourgeois, comme milieux moins favorisés. En France, on voit des cas chez les personnes issues de l’immigration : Afrique du Nord (Maghreb), Vietnamiens, personnes des Antilles françaises, personnes de race noire. La maladie se voit en ville comme à la campagne.
     
  • Pays et « races » : On ignore actuellement s’il existe des cas de compulsion sévère dans les pays émergents. Mais ceci paraît probable.

4. Épidémiologie des TCA

Majoritairement des filles et des femmes :

 

A.Mentale
restrictive

A.M
boulimie

Boulimie

Compulsions
alimentaires

Fréquence (%) *

1,1

0,8

5

8-10

Sexe (% femmes)

96 %

98 %

99 %

65 %

Age

12-18

15-25

18-35

25-45

Milieux socioprofessionnels

tous

tous

tous

tous

Dénutrition grave

65 %

45 %

0 %

0 %

Dénutrition modérée

30 %

45 %

10 %

0 %

Malnutrition

5 %

10 %

65 %

0 %

 

Publié en 2008