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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Surpoids et obésité : état des lieux en France


Le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports a rendu publiques ses 4 principales mesures 2008 contre l’obésité.

- La 1ère mesure vise à la suppression des publicités concernant certains aliments pendant les programmes télévisés destinés aux enfants. Cette mesure concernerait, si son décret est signé, les publicités de certains produits alimentaires à certaines heures.

- La 2ème mesure concerne l’interdiction de la vente des confiseries aux caisses des supermarchés et autres magasins alimentaires.

- La 3ème mesure vise à mieux encadrer la restauration collective en cantine scolaire.

- La 4ème mesure a pour but de créer un observatoire alimentaire de ce que mangent réellement les enfants, afin de suivre l’évolution de la qualité de l’offre alimentaire d’un point de vue nutritionnel et économique.

Il s’agit ici de mesures importantes pour lutter contre l’obésité.

Mais nous pensons, à l’association Autrement, que ces mesures vont possiblement contribuer à réduire un peu le risque de développer un trouble du comportement alimentaire (TCA).

En effet, les TCA sont liés en partie d’une part à l’offre alimentaire, trop tentante, et à la prévalence de l’obésité, jugée inquiétante et insupportable.

Donc, si ces mesures sont efficaces sur le risque de développer une obésité ou un surpoids, elles contribueront peut-être à lutter contre les TCA. Par ailleurs, en soustrayant l’offre en partie, elles donneront aux gens, et en particulier aux adolescentes qui sont le plus touchées par les TCA l’idée d’une moindre pression.

1. Mais qu'en est-il de l'alimentation des Français et de leur poids ?

Le surpoids et l'obésité sont définis par l’indice de masse corporelle (IMC), c’est à dire le poids (en kilo) sur le carré de la taille corporelle (en mètre).

On admet que le surpoids d’un adulte commence à un IMC de 25 kg/(m)2 et que l’obésité commence à 30 kg/(m)2.

Pour un enfant en croissance, on se sert également de l’IMC, mais la valeur qui définit le surpoids et l’obésité varie en fonction de l’âge suivant une règle dûment prouvée. Ceci est bien expliqué dans le carnet de santé de nos enfants, où l’on voit les courbes d’évolution de l’IMC en fonction de l’âge. Pour schématiser, ce sont les courbes, pour le surpoids et l’obésité, qui aboutissent respectivement à l’IMC de 25 kg/(m)2 (surpoids) et de 30 kg/(m)2 (obésité).

Le programme National Nutrition Santé (PNNS) a permis d’étudier en 2001 et en 2006, chez 3115 adultes de 18 à 74 ans et chez 1675 enfants de 3 à 17,9 ans différentes variables nutritionnelles. Ces personnes ont été tirées au sort sur l’ensemble du territoire, par zone géographique et par foyer.

Fréquence de l’obésité en fonction de l’âge

% de sujets

Maigreur (IMC<18,5)

Surpoids
(IMC 25-30)

Obésité
(IMC > 30)

Garçons 3-10 ans

10

8

3

Garçons 11-14 ans

9

12

3

Garçons 15-18 ans

7

13

4

Filles 3-10 ans

10

18

4

Filles 11-14 ans

4

13

3

Filles 15-18 ans

11

12

5

Hommes 18-29 ans

1

23

8

Hommes 30-54 ans

1

44

15

Hommes 55-74 ans

0

49

24

Femmes 18-29 ans

11

12

10

Femmes 30-54 ans

4

23

17

Femmes 55-74 ans

2

33

24

On voit dans ce tableau que la maigreur, qui dans certains cas signe l’anorexie mentale, est rare dans le sexe masculin, quel que soit l’âge. En revanche, la maigreur est assez fréquente chez la jeune femme de 18 à 29 ans (11 %). Cette fréquence chez la femme jeune était assez semblable à celle qu’on observait chez les adolescentes.

On s’explique moins, chez la fille, la diminution de la fréquence de la maigreur chez les 11-14 ans. Peut-être ce fait est-il à rapprocher de la discrète augmentation de poids et d’IMC juste avant la puberté ?

2. Hypertension artérielle (HTA)

La moyenne de la pression artérielle était de 124 mm Hg pour la maxima et de 78 mm Hg pour la minima. Elles étaient un peu plus élevées chez les hommes que chez les femmes : 129 (hommes) et 119 mm Hg (femmes) et 79 et 76 mm Hg.

La fréquence de l’hypertension artérielle (HTA, à savoir > 140 et > 90 mm Hg) était de 34 % chez les hommes et de 28 % chez les femmes.

3. Dyslipoprotéinémies

La fréquence des troubles des lipides sanguins était de 50 % chez les hommes et de 37 % chez les femmes.

4. Activité physique

Près des deux tiers des adultes (63 %), autant d’hommes que de femmes, pratiquent au moins 30 min d’activité physique modérée au moins 5 jours par semaine. Ce serait 78 % des garçons et 65 % des filles qui le feraient.

Le temps passé devant un écran (télévision, ordinateur, jeux vidéo) était de 3 heures ou plus chez 59 % des hommes, 48 % des femmes, 41 % des garçons et adolescents et 38 % des filles et adolescentes.

5. Que conclure ?

Déjà, heureusement, que le surpoids et l’obésité n’augmentent pas aussi vite qu’on le craignait. Il n’y a pas encore de quoi se glorifier, mais une diminution de l’accroissement constaté entre 1990 et 2001 semble établie.

Pour autant, la fréquence de l’obésité reste un élément qui doit nous obliger à rester vigilant et à ne pas relâcher notre surveillance et les mesures prises. A cet égard, on ne peut que saluer la décision de notre Ministre de la Santé. S’il reste à déterminer si ces 4 mesures seront efficaces à réduire un peu la fréquence de l’obésité, elles ont au moins l’intérêt de moins solliciter le consommateur. Or, nous ne le répéterons jamais assez, entre sollicitation excessive à manger hors des repas (et, avant, à acheter) et peur de grossir, le consommateur peut avoir tendance à développer un trouble du comportement alimentaire.