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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Notre raison d'être

On constate une augmentation importante des différents troubles alimentaires (TCA) en France.

Les TCA pourraient toucher plus d'un million de personnes adultes.

 
La fréquence des TCA sont des troubles volontiers cachés par les malades qui en ont honte. Les chiffres indiqués sont donc sans doute une sous-estimation de la réalité. On estime qu’actuellement :
  • 10 à 14 % des femmes de 20 à 35 ans feraient au moins une crise de boulimie par mois. Il s’agit là de données partielles reposant sur quelques statistiques en France et à l’étranger. On manque à cet égard d’une étude nationale de grande envergure.
     
  • 2 à 3 % des femmes de 20 à 40 ans feraient au moins une crise de boulimie par semaine. On peut estimer à 3 à 5 % le pourcentage de femmes de 20 à 40 ans qui ont une boulimie vraie (2 crises avec vomissements/semaine) ;
     
  • 1 à 1,5 % des femmes de 15 à 25 ans auraient une anorexie mentale. Il s’agit là de données hospitalières, ce qui exclue les malades atteints de formes légères (qui ne consultent pas à l’hôpital) ;
     
  • Tous les services hospitaliers spécialisés observent un accroissement de la demande d’hospitalisation pour troubles du comportement alimentaire. Dans l’ensemble, la demande de prise en charge par ces services excède notablement l’offre ;
     
  • 20 à 40 % des femmes et 10 à 25 % des hommes consultant pour surpoids ou obésité se plaignent de compulsions ou frénésies alimentaires incontrôlables ;
     
  • Enfin, le nombre de patients souffrant d'obésité augmente franchement : de 10 à 20 % des hommes et femmes adultes ont un surpoids en France, selon la région considérée (plus dans le nord et l’est que dans le sud-ouest et à Paris). L’obésité touche 2 à 5 % des enfants de 5 à 12 ans actuellement, contre 0,5 % en 1998.

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) pourraient toucher au total, toutes formes confondues, un million de personnes adultes et deux cent mille adolescents, en France.

Il ne fait aucun doute que la pression sociale participe à cette efflorescence des TCA : la recherche d’un idéal minceur, le regard négatif jeté sur le moindre surpoids, la pression du « manger moins » et du « manger sain », du "manger fait grossir" et enfin la prescription médicale de régimes totalement inadaptés sont autant de facteurs qui perturbent l’image que l’individu a de son corps et de lui-même.

L’image du corps dans nos sociétés participe à la genèse des TCA
  • A l’heure actuelle, les services hospitaliers sont particulièrement mal adaptés à la prise en charge des TCA.
     
  • En effet, les structures de soins classiques (hôpitaux Universitaires ou régionaux) ont un coût de journée élevé et une prise en charge tournée vers les thérapies courtes, ce qui rend mal aisée la prise en charge des malades souffrant de TCA.
     
  • De plus, les TCA impliquent un suivi resserré avec des consultations et/ou des contacts avec les « soignants » fréquentes. En effet, les malades sont prisonniers de leur conduite (restriction alimentaire dans l’anorexie mentale, crise de boulimie ou de compulsion, dans la boulimie et autres hyperphagies pathologiques).

Le traitement des TCA doit nécessairement comporter des groupes thérapeutiques d’entraide et de soutien, animés les uns par des professionnels de santé (médecins nutritionnistes, psychothérapeutes, diététiciens), les autres par d’anciens malades.

C’est à travers la prise de conscience qui en résulte, les moyens de travailler qu’ils donnent, que les malades vont évoluer vers la guérison. Dans ce cheminement, les médecins et autres professionnels de santé doivent savoir apporter des solutions nutritionnelles et psychothérapeutiques.

Or,  à l’heure actuelle, la situation est loin d’être optimale : peu ou pas de formation à la prise en charge de ces troubles pendant les études médicales, y compris lors de l’enseignement des formations sus nommées, peu ou pas d’informations dans les différents journaux médicaux et surtout aucune information globale permettant la double prise en charge nutritionnelle et psychothérapeutique.

Une formation continue dédiée aux TCA est donc indispensable.

L’expérience de terrain suggère que de nombreuses erreurs sont encore commises : Certaines favorisent la perduration du TCA : la prescrption par exemple à une malade souffrant d'anorexie-boulimie d'un régime trop hypercalorique aggravent les crises boulimiques. D'autres participent à la genèse des TCA : ainsi un régime trop restrictif prescrit à une personne fragile ou instable peut déclencher des crises compulsives ou boulimiques.

Du fait de la gravité de ces TCA et de la méconnaissance des thérapies utiles en cas de TCA, il est crucial d’assurer une meilleure formation à la prévention de ces troubles. Cette prévention repose sur l'information du grand public et sur une formation continue adaptée destinée aux professionnels de santé (médecins généralistes, médecins nutritionnistes, médecins endocrinologues, psychiatres, psychothérapeutes, diététiciens, sophrologues...).