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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Résumer en quelques mots les TCA

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Hélène PENNACCHIO - Secrétaire Générale

logo.gifQuel drôle de nom pour une association dont le but est de lutter contre certains troubles du comportement alimentaire ! Y associer en plus « La main de Dieu » d’Auguste Rodin paraît décidément bien étrange.

Pourtant, que l’on souffre d’anorexie (anorexie mentale), de boulimie ou de compulsions alimentaires, c’est cet autre regard sur son poids qu’il va bien falloir trouver, si l’on veut guérir.

Que les médecins et la famille doivent aussi trouver d’ailleurs. Il faut le voir autrement, ce poids qui nous dérange. Il faut se voir autrement, puisqu’il y a, juste derrière, un malaise, ce mal-être où tant d’émotions négatives se gèrent, pas si bien d’ailleurs, dans la restriction alimentaire.

Et puis, derrière ce besoin toujours renforcé de « peser moins », il y a ce désir hallucinant de ne pas peser grand chose dans le regard de ceux qu’on aime. Il y a ce sentiment si fort de perte de contrôle, d’avoir le cœur si gros ! Dans « autrement », il y a l’autre, cet autre nous même à qui parfois nous voudrions tant ressembler et avec lequel aussi nous ne voudrions pas être confondu. Un autre regard, bien sûr, c’et celui de « cet autre » justement, cet autre qui vous regarderait manger, et qui bien sûr vous jugerait. Il y a «poids» aussi, ce poids que la société prétend qu’il faudrait peser. Ce poids que l’anorexie mentale ne pèse pas, ou pèse trop sous les « sunlights » des caméras qui la représentent si mal. Il y a le poids qu’on fait (mais le fait-on ?) et le poids qu’on défait. Il y a le poids de la crise de boulimie ou de la compulsion alimentaire. Et le poids des calories. Il y a le poids du plaisir, celui que l’on se donne et celui qu’on se refuse. Il y a l’excès de poids de la restriction alimentaire, d’autant plus dure et plus enivrante aussi qu’elle est forte en nous et valorisée par les autres.

La femme, objet de convoitise, se cache dans la main de Dieu. Elle s’y love, cherchant ici un havre de paix que le poids de ses obligations ne lui donne plus. Dieu, c’est le dogme aussi, celui qu’il faut suivre et qu’on ne comprend pas (pas toujours). Il se pourrait qu’au fond, il y ait actuellement un autre dieu, plus stérile : ce serait le dieu de la minceur. Et certains d’entre nous, poussés par l’angoisse, par leur peur d’affronter le mystère éphémère de leurs émotions, y voueraient un culte aveugle, aveugle à la maladie, aveugle à leurs proches, aveugles à eux mêmes surtout.

Anorexie mentale, boulimie et compulsions alimentaires, autant de troubles du comportement alimentaire que notre société voit de plus en plus fréquents. La peur de manger y est toujours présente, omniprésente, obsessionnelle. Elle a pour cousine la peur de grossir.

Car l’anorexie mentale, ce n’est pas une perte de l’appétit, mais au contraire une faim qui paraît inextinguible, sans fin.

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