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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Thérapie d'intégration neuro-émotionnelle dans la prise en charge des TCA


Mme Angélique GIMENEZ, psycho praticien en PNL humaniste (Trans en Provence)

La dénomination : « thérapie d’intégration neuro-émotionnelle » est employée pour les thérapies en lien avec la stimulation oculaire : EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing ou « désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires »).

Elle fait partie des thérapies dites « intégratives ». La psychothérapie du 21ème siècle doit intégrer la neurophysiologie et la gestion des états internes (émotions et sensations). L’humain y est accueilli dans son intégralité. Le patient doit ressentir qu’il est « bien ». Ceci est un des objectifs quand on prend en charge des malades qui souffrent de troubles du comportement alimentaire (TCA), où l’anxiété, l’état dépressif, le sentiment de n’être rien, de ne pas peser bien lourd sont au centre de la problématique.

1. Intégration neuro-émotionnelle

Intégration : C’est l’acceptation en soi de tous les souvenirs comme constructeurs de notre être. Il s’agit de s’approprier les événements d’une vie (y compris traumatiques) et de les retraiter pour en faire une source nouvelle d’expériences. Ceci s’oppose à les subir et les refouler.

La malade gagne à ré-exploiter les ressources qui peuvent l’aider à la résolution du TCA et de ce qu’il « exprime ». Suite à une expérience « négative », le malade doit en faire le « retraitement ». Pouvoir retraiter une expérience, c’est permettre à la personne de « désamorcer » le traumatisme, l’anxiété, l’angoisse. Il faut faciliter le passage du contenu mnésique de l’amygdale (la mémoire émotionnelle) vers les zones de « mémoire explicite », notamment les zones hippocampiques (mémoire explicite). L’humain ne peut archiver dans sa mémoire « explicite, déclarative » les événements de vie qu’après les avoir transférés vers l’hippocampe.

Intégrer un épisode de vie consiste donc à :

  • Pouvoir « décharger » la zone-mémoire sensorielle et émotionnelle et classer dans la zone de mémoire explicite et élaborée qui permet de donner du sens et de relativiser,
  • Passer le traumatisme du mésencéphale (système limbique), à savoir le thalamus (traitement des stimuli extérieurs), l’hippocampe (zone de clarification) et hypothalamus (homéostasie) vers le cortex cérébral (niveau de la pensée consciente, des comportements et des cognitions),
  • Démêler des associations antérieures (ancrages sensoriels, conditionnement dysfonctionnel) pour dissocier le ressenti (sensations, réflexes, émotions) du processus mental (idées, pensées, réflexions) et des comportements (alimentaire et non alimentaire : activité physique).
  • Garder ses expériences de vie en conscience ou les rendre à l’inconscient (mémoire « non vive ») en changeant notre regard : elles peuvent être source d’enseignement pour le futur.

Neuro : Les avancées des neurosciences nous aident à comprendre « comment cela marche » quand le patient progresse. Il ne suffit pas de le laisser « parler », mais de stimuler, par la parole et la communication non verbale, le retraitement des épisodes de vie et de désactiver/ activer certaines connexions neuronales.
Lors d’un « stress », d’une émotion « négative » (peur, tristesse…), la physiologie du patient est inappropriée : l’amygdale est excitée et le tronc central (cerveau archaïque gérant le stress) génère une hyperactivité des fonctions vitales d’urgence (augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle, de la sudation…). Les systèmes neurovégétatifs central et périphériques sont hyperactifs (ils sont mis en œuvre pour lutter ou fuir, face au danger).

Une patiente atteinte de TCA a déjà une physiologie « sous stress », notamment du fait même de sa dénutrition ou malnutrition. Raconter des épisodes traumatisants de sa vie va ré-activer ces processus d’angoisse et de peur ou de dégout. Il faut donc créer un espace de sécurité pour pouvoir retraiter l’information et générer de nouvelles connexions neuronales et de comportements « générateurs de bien –être ». On voit en quoi la relation empathique est le pré-requis indispensable.

L’attitude du thérapeute sera ensuite centrée sur le renvoi en miroir : il faut établir la liaison au niveau des neurones-miroir de posture, de gestuelle, de rythme de parole et de reformulation mot à mot. Le thérapeute pourra ainsi signifier à son patient : « je t’accueille » et lui transmettre son propre état de sécurité intérieure. Il devient ainsi le guide du patient : chez les malades souffrant de TCA, ce besoin de guidage est primordial. Le patient pourra « copier en quelque sorte la confiance en lui, le calme, la force et la ténacité du thérapeute.

Emotionnelle : Les émotions sont essentielles à la gestion de notre vie. Notre intelligence émotionnelle est faite pour nous faire « ré-agir » de façon plus rapide que ne peut le faire notre réflexion. Une émotion peut être définie comme une réponse physiologique à un stimulus. Ce stimulus étant extérieur (je vois un tigre, j’ai peur) ou intérieur (je pense à un tigre, j’ai peur). D’un point de vue neurologique, les stimuli sont filtrés par le thalamus puis traités selon 2 voies :

  1. L’une, passant par l’amygdale et l’hypothalamus (là où est régulée la prise alimentaire), est une voie émotionnelle. La réponse est immédiate (quelques centièmes de secondes) et mesurable. La capacité d’une personne à exprimer et identifier ses émotions est utile à connaître. L’évitement des émotions est habituel dans l’anorexie mentale.
  2. L’autre, la voie corticale (néocortex), est plus lente, mais pourra, à terme, nuancer la réponse émotionnelle. « Ah, finalement, ce n’est pas un vrai viol, c’est une image, seulement ça, je peux me détendre ! ».

Les patients atteints de TCA éprouvent des difficultés à gérer leurs émotions ou développent des comportements compulsifs et/ou d’évitement (phobies par exemples). Le praticien va aider les malades à accueillir de nouveau leurs émotions à leur juste place, en leur permettant de les identifier, les exprimer, de les rendre moins déstabilisantes et les accepter comme source d’information sur la perception de soi, des autres et du monde. Le thérapeute devra par exemple lui faire comprendre que « je suis coupable de manger » a trait à autre chose, de plus difficile à digérer ! La psychoéducation prend une large place dans la thérapie.

2. Accepter les antagonismes comme éléments d’enrichissements et ouvrir à la complexité humaine

Le concept de « pensée complexe » a été introduit en France par Edmond Marc, Max Pagès et Edgar Morin. Ce concept propose que le système s’autorégule sur 3 registres :

  1. L’énergie : Les réponses émotionnelles sont là pour économiser et/ou stimuler l’énergie du patient
  2. L’organisation : comment s’agencent les éléments du système ?
  3. L’information: comment le système envoie et reçoit les messages ?

Les 5 grands principes de la pensée complexe sont :

  1. Le principe systémique ou organisationnel: le tout est organisé en plusieurs parties.
  2. Le principe hologrammatique: L’hologramme est une image virtuelle en 3 D, dans laquelle la fraction de l’image contient la totalité de celle-ci.
  3. Le principe de rétroactivité ou feed-back: L’effet se répercute sur la cause : la réaction d’une personne au comportement d’une autre peut modifier le comportement de cette dernière : c’est en ceci que la mère d’une fille anorexique peut, par son attitude, renforcer l’anorexie de sa fille ou au contraire la déconnecter.
  4. Le principe de récursivité: dans le cas de la récursivité, il y a obligatoirement effet sur la cause et l’effet est nécessaire à la production de la cause. Le produit est nécessaire à la création du processus qui le produit.
  5. Le principe dialogique: c’est un principe de liaison en unités complexes de plusieurs logiques différentes et même antagonistes. Il y a complémentarité.

3. Etre un thérapeute « humaniste », « intégratif »

Plusieurs parts de nous, bien différentes, peuvent s’associer positivement. De nombreuses approches peuvent être proposées. Nous exploiterons ici les éléments principalement issus de la PNL thérapeutique (Programmation- Neuro- Linguistique), largement influencée par les travaux de Milton Erickson (père de l’hypnose éricksonnienne).

La carte n’est pas le territoire. Chacun a sa représentation de la réalité extérieure et de sa réalité intérieure. Notre représentation n’est pas celle du patient. Le thérapeute doit apprendre à découvrir la carte de son patient, s’y ajuster et ouvrir le patient à d’autres cartes. C’est la « linguistique » (les mots du patient) qui nous donne des informations sur sa représentation, la façon dont il filtre le « monde et sa réalité ». La reformulation des « mots » du patient l’aide à entrer en contact avec ses sensations, ses émotions et prendre conscience de sa réalité.

Toute personne a en elle les ressources nécessaires pour parvenir à l’objectif. Si le thérapeute n’a pas foi en la guérison de son patient, son patient n’y croira pas. Dans les TCA, les patients sont souvent « usés » et découragés par les thérapeutes qui leur disent parfois (à tord) : « on ne guérit pas de cette maladie ». Si le thérapeute n’y croit pas, le patient le pourra-t-il ? Le thérapeute est un « révélateur » de ressources. Il est là pour aider la personne à évoluer « sans penser à sa place ». Le thérapeute n’a pas de projet « sur » son patient, il n’est là que pour accompagner ce patient vers les changements qu’il souhaite. Le thérapeute est « garant » d’une évolution écologique du patient, en insistant sur le fait que l’objectif doit être réaliste, c'est-à-dire prendre en compte la physiologie et les besoins nutritionnels. C’est là une particularité des TCA, car bien des malades croient, à un moment donné, pouvoir guérir sans grossir. En cas de TCA, le thérapeute doit être vigilant à ce que la maladie ne les détourne pas de leur propre intérêt.

Tout comportement est généré par une intention positive de l’inconscient (IPI).Un comportement (action ou parole, inaction ou non-dit…) ne se met pas en place pas hasard. Il répond les premières fois à une intention plus ou moins motivée et consciente. Avec le temps, ce comportement, ici le TCA, peut devenir limitant, voire handicapant. Aider le malade à retrouver cette pensée « positive » est beaucoup plus respectueux du patient. Cela permet de lever la « résistance » au changement. Ici, l’inconscient est traité comme une zone-mémoire de nos archives personnelles « zippées » non conscientes. Le comportement s’est fixé autour de cette pensée et le patient peut alors mieux comprendre pourquoi il peut être conscient qu’il faut changer et incapable de le faire (parce que son comportement « gère » quelque chose d’inconscient). En rapportant au niveau conscient l’intention positive inconsciente, une négociation devient possible pour agir autrement. Le patient reste ainsi cohérent et loyal à lui-même.

Nos limites sont les représentations de nos limites. Souvent, des croyances nous limitent dans notre réalité intérieure : « je suis nulle, je ne guérirai jamais, personne ne m’aime… ». Ces croyances limitantes se sont installées à notre insu, martelées par des figures d’autorités ou supposées par manque de confiance (« Elle me disait que j’étais jolie mais sa physionomie ne le montrait pas…Cela prouve bien qu’elle mentait… »). Le thérapeute encourage son patient à faire de nouvelles expériences pour dépasser ses limites. Il doit lui montrer, clairement, que c’est une belle personne et que lui croit en sa guérison … Le thérapeute aide le patient à découvrir les peurs, les émotions négatives « accrochées » aux croyances négatives et à développer la confiance en soi, la « sécurité intérieure ». Il encourage son patient dans « l’ici et maintenant », à faire face à ce qui souvent a été une limitation réelle de l’enfant ou l’adolescent qu’il était avant.

A un moment donné de sa vie, chacun fait « son meilleur » choix possible. Nous faisons des choix dans un contexte et selon des ressources dont nous disposons au moment « t ». Aucune malade en fait n’a choisi de développer une anorexie, une boulimie, une hyperphagie. C’est, à un moment donné, le seul moyen que la personne ait trouvé pour se sentir mieux, avoir le sentiment de maitriser, de combler un vide. Elle pense que devenir mince, ce sera « avoir moins de souci avec son image ». La maladie est une mauvaise réponse à un vrai problème, et c’est insidieusement que le choix de maigrir, de se faire vomir ou de faire une compulsion alimentaire se transforme en TCA. Ce présupposé permet d’aider le malade à ne pas culpabiliser. Au moment où il a agi ainsi, il ignorait que le TCA s’installerait durablement. Son choix de se sentir mieux était légitime, mais le moyen inadéquat. Il convient de faire AUTREMENT.

Le corps et l’esprit sont indissociables. Quand nous agissons sur le comportement et la physiologie, nous intervenons sur la manière de penser et de sentir, et quand nous intervenons sur la manière de penser et de sentir, cela aura un impact sur la physiologie. Si nous travaillons sur l’un, cela va changer l’autre. La thérapie est réellement efficace quand le patient peut penser autrement, tout en se laissant voir, ressentir, entendre, sentir et goûter autrement. Dans les TCA, les patients n’ont souvent plus « qu’une tête » et parlent de leur corps comme d’une chose laide et dissociée. Il y a une profonde dissociation au niveau sensoriel et émotionnel. Le thérapeute va aider à reprendre contact avec ses sens, en commençant par ceux de moindre « résistance », en focalisant sur des sensations agréables pour « rétablir » les connexions et « ré-ouvrir les entrées » au niveau du thalamus. Le thérapeute aura à faire preuve de créativité, et d’ouverture et à répéter bien des fois combien il est essentiel de sentir, voir, entendre. Il donnera de petites tâches expérimentales, partant du principe que les grands changements s’opèrent grâce à de petites choses au quotidien.

Nos échecs sont des sources d’information qui nous invitent à agir autrement. Il faut accepter l’échec et le faire accepter au patient comme une expérience. C’est accepter nos limites du moment et, en même temps, encourager le fait de les repousser en y croyant et en faisant l’expérience des meilleurs moyens pour y parvenir.

Le sens de notre communication est donné par la réponse que nous recevons, quels que soient nos intentions ou nos sentiments. Il est intéressant de se demander pourquoi l’autre ne nous a pas compris : étais-je suffisamment en accord avec sa carte du monde ?La résistance du récepteur est un commentaire sur le manque de flexibilité de l’émetteur, sur sa difficulté à établir ou à maintenir une bonne communication. Les patients TCA sont souvent très sensibles aux mots, à la façon dont ils sont dits (communication analogique ou non-verbale). Le thérapeute doit ajuster sa communication pour une parfaite congruence entre le niveau verbal et non-verbale (posture, gestes, etc).

4. Soyons pragmatiques : la thérapie de « l’ici et maintenant »

L’important est plus de savoir comment on s’y prend pour s’en sortir que de savoir pourquoi on est tombé dedans. Ceci n’exclut pas qu’il faille aborder les mécanismes qui ont déclenché le TCA. Mais alors, le thérapeute cherchera POUR - QUOI, à savoir dans quelle intention positive inconsciente ? Les patients ne savent pas pourquoi ils ont ce comportement. Mais ils peuvent percevoir comment c’est d’être malade, comment ça s’est fait, comment ce serait d’en sortir… En PNL, nous recherchons le comment du pourquoi. Comment la personne s’y est prise pour croire qu’elle est nulle et non pas pourquoi. En cherchant comment cela s’est inscrit, nous déplaçons déjà la pensée vers le contexte, la situation et les critères du passé. On commence un recadrage autour de la croyance (on sème des « graines de doute »).

Les bases thérapeutiques :

Le lien au patient et à soi-même. Le thérapeute n’est pas qu’un praticien compétent, expert en maniement de bons outils. Il est aussi celui qui a ce savoir-être que nécessite l’intégration des présupposés précédents.
Son art est l’observation très fine (calibration des mouvements mais aussi des micromouvements et des mouvements oculaires) et la reformulation non seulement de ce qu’il vient d’entendre mais aussi de ce qu’il observe. Il est attentif au son, au rythme, à la façon dont sont dits les mots afin d’accompagner le patient à reconnaitre ses sensations, ses émotions. Les consultations sont faites sans « obstacle » entre patient et thérapeute, à la bonne distance pour permettre l’effet-miroir, la calibration fine et respecter l’espace du patient, sans intrusion.

Le contenu du message est moins important en soi que la structure de la communication, autrement dit la façon dont le patient dit les choses (ses phrase, ses mots) en thérapie, rejouant en partie des processus relationnels avec d’autres personnes-référentes pour le patient. En PNL, nous parlons d’un travail en structure plutôt qu’en surface. Nous distinguons contenu (ce qui se dit), structure de communication (comment le sujet le dit, ce qu’il vit) et processus relationnel (le lien de juste autorité entre patient et thérapeute, sans projection du thérapeute, sans rapport de soumission –domination). Aider le patient à explorer son état d’être sensoriel : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif.

Stimuler les ressources et les ancrer. Le thérapeute accompagne la personne à décrire son expérience de façon sensorielle et ancrée (en appuyant sur une zone corporelle et en répétant un mot-adapté). La stimulation sensorielle va stimuler une connexion neuro-sensorielle. On cherche à désactiver des ancrages négatifs et activer des ancrages positifs. L’ancrage implique une activation est multimodale : l’empreinte se fait au niveau du tronc cérébral, du cerveau limbique (l’état interne est stimulé) et du néocortex. L’ancrage aide à motiver de nouveaux comportements. Ceux-ci demanderont des répétitions, le temps que la nouvelle connexion dendritique se crée (8 semaines sont nécessaires).

Stimulation des sous-modalités sensorielles
. Les sensations sont en lien direct avec le cerveau « émotionnel ». L’évocation des « sous-modalités » sensorielles permet au patient d’accéder au niveau unimodal puis, en associant tous ses sens au niveau plurimodal. Le patient met en œuvre ses souvenirs, sa réflexion et retraite les informations riches de plusieurs expériences. Plus nous explorons des sous-modalités, à chaque niveau sensoriel, plus nous permettons l’accès au cortex et la ré-appropriation de l’expérience.
Le mouvement des yeux. Le mouvement des yeux est utilisé en PNL pour indiquer si la malade est en mode visuel, auditif, ou kinesthésique et s’il est en train de se remémorer un évènement. Le thérapeute peut ainsi demander au patient ce qu’il voit quand il dit qu’il se sent mal et lève les yeux… En guidant ou en stimulant latéralement ces mouvements, le thérapeute peut aider un patient à classer dans le passé un épisode qui reste positionné dans son présent. On stimule le lien entre les deux cortex, favorisant ainsi le retraitement des informations.

Le thérapeute bâtit son plan de traitement dans le temps et la durée, en fonction du profil psychopathologique du patient, des traumas identifiés, de son état dissociatif.

En PNL, le diagnostic se fera en fonction de différents méta – programmes (filtres inconscients qui orientent le traitement des informations, le positionnement, et la représentation que se fait une personne de soi et du monde), des critères, des croyances du patient. Le traitement ne se fera pas en fonction du symptôme mais d’un objectif en structure élaboré avec le patient… « Que veut-il concrètement, quand il vient en cabinet ? »
Le thérapeute explorera ce qui est essentiel pour le patient derrière « guérir » : revivre, s’accepter, se sentir exister. Le thérapeute aide le patient à s’imaginer et expérimenter sensoriellement. La formulation de ce projet thérapeutique devra être en lien avec le ressenti. « Il faut que je m’accepte » devra devenir « je m’accepte et je ressens mon corps ».

5. Conclusion

Les thérapies du 21e siècle se sont enrichies des approches sociologiques, ethnologiques, linguistiques, généalogiques…) et des avancées en neurosciences. Nous sommes à l’ère de la psycho-phénoménologie, reliant progressivement subjectivité et expression pour une meilleure matérialisation sensorielle, une meilleure compréhension et un possible retraitement / recadrage de l’expérience au niveau neurologique. C’est ainsi que les fondateurs de la PNL ont pu rendre accessible le savoir-faire des experts en sciences humaines du 20e siècle.

Publié en 2013