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QUIZ

Difficultés de ressenti au repas chez les malades anorexiques

1. L'étude dijonnaise
2. Les résultats
3. Conclusion

1. L'étude dijonnaise

Une étude faite à Dijon (Psychol Medicine 2009) confirme les difficultés de ressenti en réponse à un repas chez des malades souffrant d’anorexie mentale (AM).

On sait que l’anorexie mentale (AM) est un trouble du comportement alimentaire (TCA) caractérisé par le fait que les malades sont prises entre leur désir de manger et la peur qu’elles en ont de ne pas pouvoir s’arrêter. « Elles crèvent de faim et s’interdisent d’y céder ».

Le but de l’étude était d’analyser les réponses verbales (j’ai plaisir à, j’ai envie d’en manger) et non verbales (réponse des muscles du visage, modification de la sensibilité de la peau, battements cardiaques) à la présentation visuelle d’objets alimentaires de différentes catégories.

Seize femmes souffrant d’anorexie mentale (27 + 7 ans ; IMC : 14 + 1,6 kg/m2) ont été comparées à 25 femmes sans TCA (25 + 6 ans ; IMC : 20 + 1,9 kg/m2). A toutes ont été présentées 32 images d’aliments caloriques et non caloriques. Les aliments montrés étaient issus des différentes classes diététiques (viandes, poissons, féculents, pain, fruits et légumes, beurre…).

Avant et pendant 6 minutes après, les réponses des sujets ont été notées, à savoir :

  • la valeur hédonique donnée à chaque image, notée de -3 à +3,
  • l’envie d’en manger (notée de -3 à +3 aussi),
  • des mesures électromyographiques (EMG) sur des muscles faciaux (zygomatiques, muscles liés au sourire et corrugateurs, muscles liés à la peur),
  • conductance cutanée (explorant par exemple les effets de la peur sur la peau),
  • électrocardiaogramme (ECG) et fréquence respiratoire.

Il y eut deux sessions de tests, une à jeun et une autre 1h après un repas.

2. Les résultats

Ils étaient très clairs : Les malades souffrant d’AM cotaient moins de plaisir et moins d’envie d’en manger, face à la plupart des objets alimentaires visuels, que les témoins. Ceci était très net pour la viande, la charcuterie, le beurre, les féculents, le pain.

Le repas diminuait à la fois le plaisir ressenti à la présentation de ces images alimentaires et l’envie d’en manger chez les témoins, mais pas chez les malades souffrant d’AM.

Le « profil » de la réponse du corrugateur (réponse de type « peur ») était diamétralement opposée chez les malades souffrant d’AM et les témoins (P<0,02 globalement).

Cette différence était encore plus nette pour les zygomatiques (réponse de type « joie », P<0,01). L’augmentation de la fréquence cardiaque et la réactance cutanée étaient bien corrélées aux variables explorant la peur chez les malades souffrant d’AM (P<0,05).

Ces différences entre témoins et anorexiques mentales étaient beaucoup plus mesurables à jeun qu’en postprandial (P<0,01).

Enfin, chez les malades souffrant d’AM, il n’y avait pas dans l’ensemble de différence de réponses (explicites et implicites) à jeun et en postprandial.

3. Conclusion

La peur et le manque de plaisir allégués par les malades souffrant d’AM face aux aliments est une réalité prouvée par leurs réponses face à des images visuelles alimentaires. Elle est plus que confimée par les réponses « neurophysiologiques » telles que électromyogramme des muscles du visage, réaction cutanée, fréquence cardiaque.

L’absence chez les malades souffrant d’AM d’effets d’un repas sur ces réponses explicites (alléguées) et implicites (mesurées) ne contribue pas à permettre une bonne régulation sensorielle et cognitive autour du repas, puisque les différences induites par ce repas sont gommées par la peur. Ces altérations du ressenti pourraient participer à la « dérégulation » de l’acte alimentaire chez les malades atteintes d’anorexie mentale.

 

Publié en 2009

 


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