Association Autrement / Côte d'Or / Dijon / Troubles du comportement alimentaire, anorexie mentale, boulimie

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Anorexie, boulimie, compulsions alimentaires : l'association peut vous aider à voir les choses Autrement

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Les 10 règles de la boulimie


Hélène PENNACCHIO - Association Autrement (Dijon)

Il est essentiel que la patiente boulimique se sente à la fois écoutée et comprise. Vous devez toujours avoir une attitude d'ouverture ; vous devez être vigilant à ne jamais donner l'impression de juger la malade. Il s'agit en effet de nouer une relation thérapeutique avec une patient qui souffre. Il faut donc non seulement entendre ce qu'elle a à dire mais aussi lui montrer qu'on a compris toute la souffrance dont elle témoigne et que la boulimie génère.

1. Les 10 règles

N°1. Sachez dépister la boulimie : parce qu'elle en a honte, la malade la cache et prétend venir consulter pour un trouble des règles, pour perdre du poids (alors qu'elle est de poids normal), pour réapprendre à manger, pour troubles du sommeil, pour instabilité de l'humeur.

N°2. La crise boulimique est la consommation en un temps court d'une quantité importante ou massive d'aliments non choisis, sans aucune connotation de plaisir, sans faim ni rassasiement, avec un fort sentiment de perte de contrôle. Elle est suivie de vomissements et d'un dégoût de soi qui peut conduire au suicide.
La boulimie implique des comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à maintenir un poids normal bas, tels que : vomissements provoqués, emploi abusif de laxatifs, anorexigènes, diurétiques, jeûne, exercice physique excessif.
La crise de boulimie n'est pas une compulsion alimentaire, même si celle-ci conduit à un fort sentiment de perte de contrôle.

N°3. Repérer les petits signes : un visage soufflé, des parotides et des glandes salivaires gonflées (parotidose par obstruction des canaux) ; oedèmes des membres inférieurs ; des signes discrets de malnutrition : peau sèche, ongles cassants, altérations dentaires.
Demander quelques examens complémentaires pour mettre en évidence les vomissements : hypokaliémie, alcalose métabolique, hypochlorémie, hyponatrémie (par potomanie) insuffisance rénale fonctionnelle modérée.

N°4. Pour sortir de la boulimie, il faut manger à chacun des trois repas : entrée, plat principal + garniture, laitage et fruit.
La boulimique a peur de grossir : comme elle a peur de ne pas pouvoir éviter la crise de boulimie, elle saute les repas. La boulimique ne mange pas ! elle " crise ! ". La structure alimentaire est éclatée ; plus de repas : une crise sinon rien !

N°5. L'aider, c'est la remettre à table : c'est l'amener à partager un repas sous le regard de l'autre, avec les autres, à retrouver le plaisir que cela procure, pour elle et pour les autres, c'est l'aider à ressentir la table comme un cercle d'échanges.
Sortir de la boulimie, c'est entrer dans le repas. En quelque sorte, " sacraliser le repas " : pour qu'un individu ait l'impression d'avoir mangé, il faut qu'il y ait consacré du temps : dresser la table, prendre le temps de chaque bouchée (la boulimique engloutit lors de sa crise et la crise l'engloutit ! Engloutir, c'est faire disparaître. La boulimique doit donc apprendre à faire apparaître le repas (et elle-même).

N°6. Cet apprentissage passera par la tenue d'un carnet alimentaire : ce carnet a 4 colonnes :

1. heures des prises alimentaires,
2. natures des prises alimentaires,
3. sentiment et humeur associés,
4. temps passé à la préparation des repas, temps passé à table.

N°7. Travailler sur les 10 points qui caractérisent la boulimie :

1. Le manque de confiance
2. L'excès de perfectionnisme
3. Le besoin de tout maîtriser et la peur de " lâcher prise "
4. Le perte de l'image de soi
5. Le doute sur son identité aux frontières de la dépersonnalisation
6. La désinsertion
7. Le désert sentimental
8. La débâcle affective et familiale
9. La tendance à la dissimulation et la méfiance vis-à-vis de l'autre (dénie des autres)
10. La peur de ne pas y arriver (à guérir, à vivre…)

N°8. Sachez valoriser les petites victoires : diminuer par deux le nombre de ses crises, c'est déjà très bien. Ne plus vomir son " repas ", c'est s'en reconnaître le droit.
La boulimie est une conduite addictive. 9 malades sur 10 veulent s'en sortir et 8 " craquent " au cours de la thérapie ! N'abandonnez pas : " 20 fois sur le métier remettre votre ouvrage… ".
Indiquez leur un plan de guérison : sortir la tête de l'eau, décider d'agir, acter sa décision, se donner les moyens du combat (travail, méthode), persévérer.

N°9. Aider les malades à prendre conscience de ce qu'ils vont perdre en lâchant la boulimie et de ce qu'ils vont y gagner.
La boulimie est un moyen de lutter contre l'ennui, de meubler sa solitude. C'est une dépendance (toxicomanie), c'est un refuge contre son manque de confiance. C'est, dans une certaine mesure, un acte " érotisé " (immédiateté et avidité d'un plaisir sans limite).
" Lâcher " la boulimie, c'est retrouver la confiance en soi, c'est avoir un autre regard sur son poids et sur les autres, c'est retrouver le plaisir de partager. C'est aussi trouver son chemin de vie.

N°10. Les traitements psychotropes : les antidépresseurs aident indiscutablement les malades. Ils ont cependant peu d'effet en moyenne sur la fréquence et l'ampleur des crises. N'employez les antidépresseurs qu'à bon escient.

 

Publié en 2003