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Anorexie mentale et boulimie
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Obésité et compulsions alimentaires

Contre les sites Pro-Ana

Mais, un site « pro-ana », en deux mots, de quoi s'agit-il ?

Pr Daniel RIGAUD et Hélène PENNACCHIO

Nous entendons d’ici nos détracteurs ! nous attaquons les sites « pro-Ana ». Nous les voyons, nos détracteurs ! il y aura ceux qui disent qu’il est interdit d’interdire, il y aura ceux qui pensent qu’après tout, ces sites ne sont pas très nombreux et peu consultés, il y a aussi ceux qui diront qu’il y a peu de chances que les gens soient influençables à ce point, il y aura enfin ceux qui proclameront très haut le droit de dire ce qu’on veut, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression.

Mais, un site « pro-ana », en deux mots, de quoi s'agit-il ?

Ce sont des sites « web », à savoir des sites publiés sur la toile du web a priori par des personnes comme vous et moi, des consommateurs en quelque sorte.

Ces personnes y vantent la maigreur, la leur en général et celle qui serait estimable, bonne pour tout le monde en particulier. Selon ces personnes, en général de sexe féminin, il serait bon (bien ?) de maigrir, d’être maigre et de manger fort peu. Sur certains de ces sites, on y donne quelques bons (?) conseils pour maigrir mieux, plus vite, plus. On vous y donne des trucs pour faire baisser le poids : ne mangez rien, sautez des repas, vomissez un coup... On se valorise l’un(e) l’autre de ses succès à perdre quelques kilos.

Ces sites ne sont pas en nombre confidentiel et l’on a aucun mal à les trouver. Selon certains moteurs de recherche, huit mille sites « pro-anas » auraient été créés entre 2000 et 2005. Ce n’est pas rien, non !

Nous allons vous paraître vieux jeu, mais nous sommes CONTRE ces sites, totalement contre. Sans état d’âme. Sans respect de la liberté d’autrui : car la liberté commence où celle de l’autre s’arrête ; la liberté n’est jamais une raison valable pour dire ou faire n’importe quoi, surtout quand ça peut faire du mal à l’autre ! Et nous voudrions que l’autocensure opère entre internautes, ou qu’à défaut les divers hébergeurs de blogs interdisent ces sites chez eux.

Nous allons même vous donner plein de mauvaises raisons pour ce faire… et quelques bonnes :

- La stabilité dans l’équilibre : Il y a peu de personnes qui peuvent stabiliser leur poids en dessous d’un certain niveau de minceur, sans être obligé pour ce faire d’adopter quotidiennement ou très souvent des conduites qui mettent en péril à terme leur santé physique et mentale. On ne saute pas impunément des repas, on n’abuse pas sans risque de laxatifs. Et d’ailleurs ça ne fait pas maigrir.

- Maigre et heureuse ou fière de l’air !  : Il n’est pas vrai qu’il y ait tant de personnes maigres heureuses que ça. Nous dirons même que les seules personnes heureuses et sereines d’être maigres ne publieraient pas leur site « pro-ana ». Car ce serait naturel pour elles de l’être.

- Tu t’exposes, tu exploses : Une restriction alimentaire, un jeûne insistant exposent la personne qui les fait, parce qu’ils sont trop loin de ses besoins nutritionnels, à « exploser » dans des compulsions alimentaires qu’elle regrettera amèrement ensuite.

- La faute à l’amer : Les responsables des troubles du comportement alimentaire (TCA), ce ne sont pas les mamans ou les médecins qui ont poussé telle jeune fille à reprendre du poids quand elle avait trop maigri. Non, ce ne sont pas les vrais responsables des TCA. Les vrais, ce sont les régimes pour maigrir trop sévères et la maigreur. Les études scientifiques abondent depuis 20 ans, qui montrent clairement qu’une personne qui suit trop longtemps (plus de 3 semaines) un régime trop dur, trop restrictif, s’expose à un risque de TCA 4 fois plus grand que quelqu’un qui suit un régime plus modeste, pas trop pauvre en calories. 

- La Médecine de tous les maux : La médecine a défini des seuils de maigreur et de surpoids, non pas par hasard ou pour emmerder les gens, mais parce que, en dessous d’un certain poids pour la taille, on s’expose à des risques de santé. Ainsi, une personne maigre qui mange peu calorique a un risque de stérilité 6 fois plus important qu’un(e) autre ; un risque de pépins sérieux après une intervention chirurgicale 3 fois plus important que quelqu’un qui a un poids normal.

- Un p’tit régime… pour l’enfer : Les malades qui souffrent de TCA (anorexie mentale, boulimie, compulsions alimentaires sévères) sont furieuses à l’idée que ces sites existent. C’est une colère justifiée : elles disent qu’elles en souffrent tellement, qu’elles ont tant de mal à s’en sortir, qu’elles trouvent scandaleux qu’on puisse vanter ces maladies. Car 7 fois sur dix, elles ont commencé par un « simple régime » et en connaissent bien tout le piège. L’une d’elles m’a dit : « pour moi, c’est comme si un cancéreux voyait un site « pro-cancer ». L’anorexie, la boulimie, ce n’est ni notre droit ni même notre choix !

- Plaire à chose : Trop souvent l’anorexie ou la boulimie ont commencé par un régime, pour plaire à « truc », pour faire comme « chose ». Alors, vous pensez, s’il y a des cons qui vantent la maigreur, il se trouvera bien quelques filles en mal d’être qui vont croire à ce miroir aux alouettes.

- Médias, tu mens : Il n’est plus possible de croire, dans le domaine des TCA, que les médias et le « culte » autour de la minceur sont sans risque. Les preuves scientifiques sont là : les ados (des deux sexes, mais surtout les filles) qui lisent régulièrement ce type de médias « silhouette mineur – journaux de mode » sont 3 fois plus exposées aux TCA que celles qui ne les lisent pas.

- Pauvre fille qui n’est qu’un poids sur sa balance : Ne soit pas plus bête que ces médias qui cherchent à vendre du mirage, c’est à dire du vent. Éternelle jeunesse, minceur extrême, ventre plat, silhouette de bébé adolescent. Et la diversité de silhouette, qu’en fais-tu ? Faudrait-il que la balance devienne un objet sacralisé, un bourreau de nos corps. N’y a-t-il pas d’autres buts plus louables dans la vie ?

- Restriction, frustration et angoisse, le trio infernal : Bien des gens, des filles croient qu’en maigrissant, elles seront mieux dans leur tête. Mais elles se trompent. Le jeûne, la restriction alimentaire, la maigreur favorisent l’angoisse. Moins de 15 % des jeunes filles maigres sont sereines, moins de 5 % des anorexiques sont bien dans leur tête. Chez plus de 80 % des anorexiques qui avaient commencé leur régime à cause d’une anxiété inexpliquée, cette anxiété s’est aggravée pendant l’anorexie. Dans 40 % des cas, l’anorexie s’est transformée en anorexie-boulimie, avec crises alimentaires sans aucun contrôle. 

Les dix commandements pour ne pas maigrir tant que ça
  1. Si tu es trop mince, tu n'es pas attirante.
  2. Etre trop mince, c'est perdre sa santé.
  3. Compter les calories est vide de sens.
  4. Se peser tous les jours, c'est se réduire à deux chiffres sur une balance.
  5. S'identifier à un mannequin, c'est s'identifier à un modèle qui n'existe pas.
  6. Tu ne t'identifieras pas à des mannequins, dont les photos sont toujours retouchées.
  7. Tu n'achèteras pas de vêtement trop petit pour toi.
  8. Voir ses os, c'est afficher la mort.
  9. Etre trop mince, c'est ne pas pouvoir se mettre en bikini au risque de faire peur.
  10. Vouloir maigrir à tout prix (à n’importe quel prix), c’est très mal gérer son angoisse et son mal-être : ça ne résout rien !
Les dix commandements de ne pas manger
  1. Ne pas manger, c'est se sentir coupable, c'est se punir
  2. Ne pas manger, c'est perdre la confiance en soi
  3. Ne pas manger, c'est perdre le contrôle de soi et de sa vie
  4. Ne pas manger, c'est fuir le regard de l'autre
  5. Ne pas manger, c'est s'isoler et perdre ses amis
  6. Ne pas manger, c'est perdre son identité
  7. Ne pas manger, c'est ne pas être adulte
  8. Ne pas manger, c'est la porte ouverte à dépression
  9. Ne pas manger, c'est perdre sa santé
  10. Ne pas manger, c'est mourir

Nota bene : Le poids en dessous duquel il ne faut pas descendre et qu’il ne faut pas du tout défendre est connu : il est estimé par l’indice de masse corporelle (IMC), c’est à dire le poids sur le carré de la taille corporelle.

Ainsi 53 kg pour 1,70 m fait un IMC de 18,3 kg/(m)2. Le seuil inférieur de la normale d’IMC est de 18,5 kg/(m)2 chez la femme et de 19 kg/(m)2 chez l’homme entre 18 et 35 ans.

Il s’agit d’une définition de santé tenant compte du surcroît de risque de santé à peser moins. Il a été apprécié auprès de dizaines de milliers de personnes. Ce seuil augmente ensuite tout doucement de 0,5 tous les dix ans, pour atteindre 21 kg/(m)2 à 65 ans environ. Par ailleurs, plus on souhaite de masse musculaire et plus on doit être au dessus de ce seuil minimal !

La valeur normale basse (minimale normale) de l’IMC augmente progressivement et tout doucement avec l’âge de 6 ans à 66 ans ! En d’autres termes, un IMC de 17 kg/(m)2 est normal (mais bas) pour une fille de 14-15 ans, alors qu’il s’agit d’un IMC de dénutrition si cette femme a 35 ans.

Une loi devrait interdire les blogs pro-ana

Publié en 2008


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